HISTOIRE

Les commanditaires étaient Jean de Buisson, riche financier devenu homme de guerre de François Ier, et son épouse Charlotte de Mancip, héritière du domaine. La construction du château débuta par l’aile nord dans les années 1540 sur l’emplacement du logis médiéval duquel persistaient le logis de la basse cour, les tours de défense et l’enceinte urbaine. Pendant que Jean de Buisson participe à la 9ème guerre d’Italie au cours de laquelle il s’illustre à la bataille de Cérisoles en 1544, son épouse conduit les travaux. L’aile nord sera achevée en 1545, au retour de Jean de Buisson, fait chevalier de l’ordre du roi à l’issu de la bataille. Comme homme de guerre il connaît Galiot de Genouillac, grand maître de l’artillerie de François I, qui a fait bâtir dans les années 1530 le château d’Assier dans le Quercy tout proche.

Le chantier fut ainsi relancé avec la construction de l’aile est. Or le projet initial d’un vaste plan rectangulaire enfermant en son sein une cour d’honneur régulière ne vit jamais le jour, interrompu pour des raisons que nous ignorons, mais qui sont peut-être à mettre en relation avec les troubles religieux qui secouèrent cette partie de la province à partir de 1561. Ainsi seuls furent réalisés l’aile nord et l’aile orientale ainsi que l’escalier d’honneur en retour.

Une des grandes figures du Rouergue de la Renaissance est Georges d’Armagnac, évêque de Rodez dès 1530 à moins de 30ans. Il a été l’aumônier de Marguerite de Navarre, la soeur de François I. Lors de son ambassade à Venise, il est accompagné de son secrétaire particulier, Guillaume Philandier, auteur d’annotations sur le traité de Vitruve. Amateur de texte antiques et sensible à tous les arts, c’est par son intermédiaire que Serlio arrive à la cour de François Ier.

Le voyage en Italie, la fréquentation de la cour et la proximité de Philandrier, l’architecte érudit de Georges d’Armagnac, ne sont pas étrangers à la magnificence du château.

En 1790, le château connu un évènement tragique. Lors d’une révolte paysanne contre les taxes redevables au seigneur, le château fut pillé jusqu’aux plombs des fenêtres, puis incendié.

Passé aux mains du comte de Marigny au XIXème siècle, le château fut profondément transformé. L’escalier d’honneur en retour de l’aile orientale fut détruit, la tour adjacente arasée ainsi qu’une partie de l’aile orientale.

Après la Seconde Guerre mondiale, le château devint une maison de repos gérée par les houillères de Decazeville. Les appartements furent transformés en chambres, et les volumes anciens découpés en petits espaces de soin et de repose.

Les nouveaux propriétaires ont depuis 2008, décidé de rendre à ce joyau de la Renaissance son lustre en restituant les volumes et décors du XVIème siècle. Les parties détruites sont reconstruites à l’identique avec des techniques traditionnelles.