ARCHITECTURE

La façade sur cour de l’aile nord se caractérise par une composition régulière ordonnée en travées avec superposition des ordres (ordre dorique au 1er niveau, puis ionique et corinthien) en référence à l’architecture antique et au traité de Vitruve, seul traité d’architecture antique qui nous soit parvenu.

L’aile orientale, datée des années 1555, est rattachée à la précédente par un retour d’équerre ouvrant sur la tour nord-est. Elle s’inspire encore davantage de l’antiquité avec pour une des 1ère fois en France l’utilisation de la travée rythmique à la façon de Bramante et de Serlio. Le portique présente donc une alternance de niches et d’immenses arcades. Caractère profondément romain, les baies sont garnies à l’intrados de caissons comme dans les arcs de triomphes ou les basiliques. Au niveau supérieur, un couloir est aménagé à travers les grandes arcades pour permettre le passage entre l’escalier d’honneur et l’aile nord. C’est la 1ère fois que ce type de dispositif était utilisé en France dans l’architecture civile.

À l’instar des châteaux de la cour du roi François Ier, le château de Bournazel était un lieu de réception dont l’architecture devait refléter le savoir-vivre du seigneur. À cet effet, l’aile nord, élevée sur trois niveaux, accueillait l’ensemble des chambres, tandis que l’aile orientale était organisée pour la réception, avec les cuisines au rez-de-chaussée, la grande salle à l’étage et la chapelle aux combles.

Les architectes de Bournazel demeurent inconnus mais il semblerait que le château connut en 20 ans de chantier, deux campagnes bien distinctes dont l’expression formelle appartient à deux styles architecturaux différents. Selon toute vraisemblance, l’architecte qui a élevé le château s’était vu confier le tracé du jardin.

La qualité du décor sculpté est remarquable et la variété iconographique étonnante. Le décor caractéristique de la renaissance est à l’antique avec pour la frise dorique une succession de métopes, de rosaces et de triglyphes. Le décor reprend des motifs antiques comme le bucrane (tête de taureau décharné) présent sur l’Ara Pacis d’Auguste à Rome ou des masques de théâtre.

Sont présents également des objets militaires contemporains, des cuirasses de parade, des piques, des hallebardes en référence à Jean de Buisson, homme de guerre.

L’emblématique, langage symbolique très à la mode dans les milieux intellectuels à l’époque de la Renaissance, se retrouve dans le décor sculpté. Mais paradoxalement les armes de Jean de Buisson sont absentes de la façade.